Man <3 Machine au TextielMuseum de Tilburg : l'émergence de nouvelles formes d'art du tissage

Le TextielMuseum de Tilburg accueille jusqu’au 11 octobre une exposition que les passionnés de textile ne devraient pas manquer. Man <3 Machine célèbre comme il se doit les 25 ans du TextielLab et montre comment les créateurs et les spécialistes du tissage peuvent, ensemble, repousser les limites du textile.
Des textiles qui ondulent comme une sculpture, des structures tissées qui gagnent en profondeur et en mouvement, et des tissus où la couleur se construit couche après couche… Avec « Man <3 Machine » (photo ci-dessus : Josefina Eikenaar) au TextielLab, on montre comment les designers et les spécialistes du tissage développent de nouvelles formes d’art du tissage. Le TextielLab est l’atelier professionnel du musée. Ici, artistes, designers, techniciens et spécialistes du tissage expérimentent quotidiennement les possibilités offertes par des machines à tisser de pointe. Il en résulte des œuvres à la croisée de l’art, du design, de l’architecture et de l’innovation.
Jeunes talents aux professionnels multidisciplinaires confirmés
Au sein du TextielLab, les créateurs travaillent en étroite collaboration sur des projets qui seraient souvent impossibles à réaliser avec des techniques traditionnelles : des tapisseries en couches aux tissus 3D expérimentaux. L’exposition montre comment cette collaboration donne naissance à des structures innovantes et des formes spatiales. Cela se voit notamment dans le travail de Mae Engelgeer, Fransje Gimbrère et Samira Boon, des créatrices qui, grâce au TextielLab, sont passées du statut de jeunes talents à celui de studios reconnus.
Mae Engelgeer – Le textile comme composition en couches
La marque de fabrique de Mae Engelgeer se manifeste dans des créations textiles en couches où se mêlent couleur, rythme et tactilité. Man <3 Machine présente une partie de son œuvre monumentale Abstract Notes, initialement conçue pour le foyer du TivoliVredenburg à Utrecht. Une partie de ce mur textile a été reconstruite spécialement pour l’exposition.
Pour Abstract Notes, Engelgeer a collaboré avec le TextielLab à la réalisation d’un revêtement mural textile de 700 m², fabriqué à partir de polyester entièrement recyclé, notamment des bouteilles en PET provenant de la région d’Utrecht. Pour la conception, Engelgeer s’est inspirée des collages et des croquis de l’architecte Herman Hertzberger. À l’aide de techniques de tissage avancées, des nuances et des structures complexes ont été développées, difficilement réalisables avec des techniques traditionnelles. Le projet démontre comment le textile peut se transformer en une expérience spatiale et sensorielle.
Fransje Gimbrère – Le textile en tant que structure spatiale
Fransje Gimbrère est connue pour ses recherches sur la manière dont le textile peut se transformer en structures spatiales. Dans Man <3 Machine, on peut voir son œuvre Physis, une installation qu’elle a développée au TextielLab pour le bâtiment Koopmans de l’université de Tilburg.
Le réseau stratifié de fils lâches joue avec la lumière et le mouvement et semble se densifier, se déformer et se diviser à nouveau en permanence. Il est parfois constitué de pas moins de seize couches tissées. À l’aide de techniques de tissage 3D, il en résulte une œuvre qui oscille entre le textile, l’architecture et la sculpture.
Samira Boon – Du tissu plat à la forme spatiale
Le textile 3D innovant, inspiré de l’art japonais de l’origami, est quant à lui typiquement Samira Boon. Dans Man <3 Machine, vous découvrirez son Yoshimura Fold issu de la série Archi Folds : une structure tissée qui, après le tissage, se plie d’elle-même pour former une forme tridimensionnelle.
Les motifs de pliage sont développés numériquement et, en collaboration avec le TextielLab, traduits en structures tissées qui se plient d’elles-mêmes pour former une forme spatiale. Le résultat est un tissu flexible qui non seulement change visuellement, mais influence également l’agencement et l’acoustique d’un espace. Boon explore ainsi comment les structures tissées peuvent non seulement être une surface, mais aussi former et modifier un espace.
Plateforme internationale pour le textile et l’expérimentation
Man <3 Machine illustre également le caractère international du TextielLab. Cela se voit notamment dans l’œuvre de l’artiste japonaise Aiko Tezuka, dont la tapisserie Certainty / Entropy (Japan 2) est présentée dans l’exposition. Cette œuvre, réalisée à la demande d’Hermès, combine un motif textile japonais traditionnel du VIIIe siècle avec des symboles contemporains tels que le signe du copyright, le signe de la paix et des symboles environnementaux. En détachant et en démêlant délibérément des parties du tissu, Tezuka met à nu les différentes couches et les différents enjeux qui s’entremêlent à travers les époques et les cultures, et crée ainsi une nouvelle composition.
La création devient visible
Le TextielMuseum est l’un des rares musées où les visiteurs peuvent découvrir de près le processus de création. Au cœur du musée, des techniciens, des développeurs de produits et des designers collaborent à de nouvelles applications, tandis que les visiteurs peuvent observer le travail au sein du TextielLab.
L’exposition Man <3 Machine est ouverte jusqu’au 11 octobre 2026.

